| Franz Schubert |
![]() Franz Peter Schubert est né à Lichtental près de Vienne, le 31 janvier 1797. Il est le 9e enfant d'une famille de 13 dont 5 survécurent. Son père Franz Theodor, instituteur, lui donne ses premières leçons de violon, tandis que son frère Ignaz lui apprend le piano. De 1808 à 1813, il est chanteur dans le chœur de la chapelle impériale de Vienne et étudie au Stadtkonvikt (à la fois école et conservatoire de Musique). Il devient ainsi l'élève d'Antonio Salieri, directeur de la musique à la Cour. Pendant cette période de formation, il commence à composer, malgré les réticences de son père qui lui interdit même de rentrer à la maison, alors que sa mère est en train de mourir (1811-1813). Schubert écrit d'abord pour le piano (dès 1810), puis pas moins de huit quatuors à cordes, quelques ouvertures et des lieder. En 1812, il devient l'élève de Salieri, qu'il gardera en estime pendant toute sa vie. En 1813, fortement influencé par Haydn, mais surtout par Mozart, il compose sa première symphonie ; deux années plus tard (Schubert a alors dix-sept ans) vient son premier opéra, sa première messe et son premier chef-d'œuvre dans le domaine du lied : Marguerite au rouet (Gretchen am Spinnrade) (19 octobre 1814.) Quelques années plus tard, en 1818, à Zséliz en Hongrie, il devient le précepteur des enfants du comte Esterhazy. Il y retournera en 1824. Excepté quelques voyages en Autriche, notamment à Graz, Linz, Steyer, Gmünden et Salzbourg, Schubert passera l'essentiel de sa courte existence à Vienne, et, ayant abandonné la profession d'instituteur et sans l’aide de son père, il vivra la plupart du temps chez des amis et dédiera sa vie entière à la musique, à la composition, et à des réunions musicales, les « schubertiades », ces rencontres amicales où ses lieder connaissent leurs premiers succès. Certains (Maynard Solomon) pensent qu'il était homosexuel ; Solomon se base sur le texte d'une lettre écrite par une connaissance de Schubert dans laquelle il est fait une allusion voilée à son homosexualité en s'inspirant d'un passage à demi codé de l'autobiographie de Benvenuto Cellini. Le sculpteur florentin y oppose les garçons, qu'il appelle des « paons » aux courtisanes romaines, qu'il appelle « corneilles » en les dénigrant. La lettre écrite sur Schubert contient une phrase qui dit que, comme Cellini, Schubert a besoin de "jeunes paons", ce qui veut dire de jeunes garçons. Ces arguments sont développés par Maynard Solomon. D'autres chercheurs tels que Rita Steblin pensent que Schubert se serait peut-être marié s'il n'avait été victime du système de Metternich qui avait édicté en 1815 une loi qui lui rendait, comme à des milliers d'autres, le mariage impossible (Ehe-Consensgesetz). Quoiqu'il en soit, il n'y a absolument aucune preuve que Schubert ait songé à se marier. Là encore, nous ne pouvons nous appuyer que sur des éléments indirects : nous ne possédons pas de documents de la main de Schubert qui dise qu'il ait jamais été amoureux d'une femme. Nous n'avons que le témoignage d'un de ses amis qui, faisant remarquer son habituel désintérêt à l'égard des femmes et lui demandant s'il est déjà tombé amoureux, se voit faire cette réponse : il a été amoureux d'une femme une seule fois, Thérèse Grob. Tous ces éléments sont indirects, mais ne se contredisent pas les uns les autres : Schubert a pu éprouver le désir de se marier avec une femme qu'il a manifestement idéalisée et, tout en étant dans l'indifférence face à toutes les autres femmes, être attiré par les garçons. En 1822-23, Schubert tombe malade de la syphilis, et sa santé ne cesse alors de se dégrader. Il tire de son malheur une musique de plus en plus profonde et émouvante, au plus près de la souffrance et de la mort qui le guette (La Jeune Fille et la Mort, Voyage d'hiver). Franz Schubert meurt du typhus, le 19 novembre 1828, un an et demi après Beethoven pour lequel il a éprouvé, sa vie durant, un respect et une admiration sans limites. |



